Top 10 de mes albums métal préférés

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Comme j’ai carte blanche, sur ce site, j’ai pensé dévier un peu des sujets habituels et vous présenter la liste de mes 10 albums métal préférés à vie.

Je sais que celle-ci fera pleurer les élitistes et les puristes, puisqu’elle comprend essentiellement des groupes qui sont tous au moins relativement connus et parce que j’ai ignoré certains sous-genres métal (black, symphonique, power, etc.) qui me plaisent moins, mais qui restent néanmoins très populaires auprès des amateurs québécois de musique lourde. Toutefois, il est inutile de me faire des remontrances, puisque ceci est MA liste et par conséquent, elle comporte uniquement des sélections correspondant à mes goûts personnels, et non aux vôtres !

 

10. Darkest Hour – Undoing Ruin (2005)

Darkest Hour

Paresseusement jetée dans la catégorie « metalcore » par de trop nombreux observateurs, la formation originaire de Washington D.C. évite pourtant systématiquement les diktats, clichés et écueils traditionnellement associés à ce sous-genre. On ne retrouve pas, sur Undoing Ruin, les breakdowns saccadés, ni la formule « couplets criés-refrains chantés » qui sont le fond de commerce d’à peu près tout groupe de metalcore américain. Darkest Hour privilégie plutôt une approche sonore globale ayant de forts liens de parenté avec le death métal mélodique européen, tout en empruntant ici et là au thrash et au groove.

« Undoing Ruin » est un album beaucoup plus mélodique que son prédécesseur, « Hidden Hands of a Sadist Nation », qui voyait le quintette foncer sur l’auditeur à pleine vitesse. Le son du groupe gagne ici en variété et en malléabilité ce qu’il perd en brutalité pure. Si les cris de John Henry n’ont rien perdu en puissance, les compositions nous donnent beaucoup plus de temps pour respirer et apprécier l’odyssée musicale. Le tempo ralentit, laissant toutefois la place à plusieurs accélérations, et l’ensemble est beaucoup moins corrosif, sans jamais devenir prévisible ou raccoleur. Lors des passages plus lents et mélodiques, les guitares s’harmonisent pour créer une atmosphère empreinte de mélancolie, à l’extrême limite du planant.

Pièces recommandées:
With a Thousand Words to Say But One
Sound The Surrender
District Divided

 

9. Voivod – Dimension Hatross (1988)

Voïvod

Bien que Voïvod n’ait jamais connu le même succès commercial que certains de ses contemporains, il semble tout de même que rien n’ait pas déjà été dit à propos du catalogue de ces pionniers du thrash québécois. Sur « Dimension Hatröss », Voïvod poursuit la transition vers le thrash progressif amorcée sur son effort précédent, « Killing Technology ». La rythmique se complexifie, les riffs se font de plus en plus dissonants et la voix, paradoxalement, semble se calmer quelque peu, devenant de moins en moins criarde et de plus en plus mélodique. Ce passage du lourd à l’accrocheur se poursuivra d’ailleurs sur l’archi-connu « Nothingface », l’année suivante.

Pièces recommandées:
Tribal Convictions
Macrosolutions to Megaproblems
Brain Scan

 

8. Obituary – Cause of Death (1990)

Obituary

Il n’est pas toujours nécessaire de faire compliqué pour atteindre la cible, lorsqu’on joue du métal. Les membres d’Obituary, quintette-phare du death metal floridien, en savent quelque chose. La formule est bien simple: guitares acérées et accordées très bas, batteur utilisant à profusion la double pédale, tremolo picking et passages hyperactifs empruntés au thrash. Il suffit d’ajouter la voix gutturale totalement unique de John Tardy et on obtient une signature sonore des plus reconnaissables. L’arrivée de James Murphy, fraîchement évincé de Death, autre groupe-culte issu de la même scène musicale, procure au son d’Obituary quelques solos rafraîchissants, à la fois rapides, techniques et aériens.

Pièces recommandées:
Chopped in Half
Cause of Death
Turned Inside Out

 

7. Sepultura – Beneath The Remains (1989)

Sepultura

Classique absolu du thrash metal, « Beneath The Remains » rivalise même avec « Reign In Blood » de Slayer pour le titre d’album le plus important de la décennie 80, en ce qui concerne cette catégorie particulière de métal. Si les Brésiliens ne délaissent pas complètement leurs racines black et death metal sur cette galette, il faut tout de même convenir que le son du groupe en arrive ici à une nouvelle étape. Avec « Beneath The Remains », Sepultura signale de façon définitive son arrivée dans la cour des grands, signant avec l’étiquette Roadrunner Records et travaillant avec le réalisateur Scott Burns.

Les membres de Sepultura sont alors tout jeunes et remplis d’ambition, si bien qu’ils s’imposent des méthodes d’écriture plus rigoureuses, ce qui accouchera d’un ensemble de chansons à la fois plus éclectique, complexe et nuancé que tout ce que le groupe avait produit auparavant. On remarque sur des morceaux comme « Inner Self », « Sarcastic Existence » et « Mass Hypnosis » une volonté assumée de conserver les éléments plus durs du son du groupe, tout en ne craignant pas de s’aventurer en territoire plus modéré. Les musiciens du quatuor ne se contentent plus de faire peur ou d’être « extrêmes », ils veulent écrire de véritables chansons !

Pièces recommandées:
Beneath The Remains
Inner Self
Mass Hypnosis

 

6. Pantera – Vulgar Display of Power (1992)

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Après avoir changé radicalement leur son et leur image au tournant des années 90 avec « Cowboys From Hell », les membres de Pantera ont de toute évidence le goût de pousser leur exploration encore plus loin, sur « Vulgar Display of Power ». Phil Anselmo abandonne définitivement le chant aigü à la Rob Halford pour passer à un registre plus hardcore, les riffs de Dimebag Darrell deviennent plus lourds et saccadés, tandis que la section rythmique passe à un niveau supérieur, tant sur le plan de l’exécution que de la vélocité. La formation texane est désormais très loin de ses débuts glam et ne trouvera personne pour s’en plaindre, accumulant les succès et multipliant les dates de tournée.

Sur « Vulgar Display of Power », le groove métal de Pantera se raffine en même temps qu’il s’alourdit. Le groupe n’hésite plus à laisser libre cours à ses pulsions les plus primitives, tout en préservant certains des aspects plus accrocheurs de sa musique. Il nous matraque sans retenue avec « Fucking Hostile » comme il réinvente la power ballade sur « This Love ». Le successeur de « Cowboys From Hell » passe sans la moindre gêne du très lent à l’hyperactif, de la berceuse à la boucherie.

Pièces recommandées:
A New Level
This Love
Rise

 

5. Machine Head – Burn My Eyes (1994)

Machine Head

Formation californienne souvent regardée de haut en raison d’un court passage à vide en territoire nu-metal, au tournant du nouveau millénaire, Machine Head a tout de même produit son lot de petits joyaux mémorables, tant au milieu des années 90 que durant son retour en force, environ une décennie plus tard. Toutefois, pour l’auteur de ces lignes, rien dans la discographie de la bande à Rob Flynn ne surpasse le tout premier album du groupe, « Burn My Eyes ».

On a beau attribuer la paternité du groove métal à Exhorder et son succès populaire à Pantera et Lamb of God, il est tout de même indéniable que « Burn My Eyes » représente une offrande lourdement négligée dans le genre. Mélangeant allègrement les influences anciennes et contemporaines, Machine Head fait le pont entre les décennies, les genres et les ambiances avec une facilité absolument désarmante, sur cet album. « Davidian » part le bal de façon grandiose, avec sa rythmique digne d’un rouleau-compresseur, puis le quatuor ne nous lâche tout simplement plus, au cours des 50 minutes suivantes. Quelques instants de répit parviennent à percer la carapace de tension habilement construite dès le départ, entre autres sur « None But My Own » et au début de « Death Church », mais ne cherchez pas la ballade ou la pièce planante sur ce disque.

Pièces recommandées:
Davidian
Old
The Rage to Overcome

 

4. Metallica – Master of Puppets (1986)

Metallica

Cet opus étant un classique parmi les classiques, personne ne sera surpris de le trouver sur ma liste. Quelques mois avant la mort tragique du bassiste Cliff Burton et bien avant de devenir le meilleur band de covers de lui-même, Metallica était une jeune formation tonitruante, arrogante et ambitieuse que rien ne semblait pouvoir arrêter. Avant la sortie de « Master of Puppets », ces rois californiens du thrash avaient déjà fait paraître coup sur coup deux disques devenus quasi-instantanément des albums-cultes: « Kill’Em All » (1983) et « Ride The Lightning » (1984). À peine cinq ans après sa formation, Metallica avait une réputation qui n’était déjà plus à faire.

Ce qui sépare « Master of Puppets » à la fois de ces prédécesseurs et de ses successeurs, à mon avis, réside dans cet équilibre incroyablement difficile à tenir entre agressivité et maturité, évolution et authenticité, ambition et humilité. Dès les deux premiers morceaux, tout y est: « Battery » fournit la charge d’intensité, alors que la chanson-titre nous emmène sur un épique périple dépassant les 8 minutes. Évidemment, l’album ne s’arrête pas en si bon chemin et continue d’alterner, pendant près d’une heure, sans effort apparent, entre les différentes facettes de ce foisonnement créatif qu’est devenu Metallica.

Pièces recommandées:
Master of Puppets
Welcome Home (Sanitarium)
Orion


3. Slipknot – Iowa (2001)

Slipknot

Il ne serait pas étonnant que certains lecteurs voient un sacrilège dans le positionnement de cet album au-dessus de « Master of Puppets », « Vulgar Display of Power » et « Beneath The Remains », surtout lorsqu’on sait à quel point le nu-metal est un membre honni et ostracisé de la grande famille métallique. Pour bien comprendre le sens de ce choix, il faut d’abord être en mesure de se placer dans ma tête, alors que j’avais 16 ans. À ce moment, j’avais déjà aimé le premier album éponyme de Slipknot et j’attendais avec impatience la parution de sa suite. J’étais alors en pleine transition entre le nu-metal pur de ma jeune adolescence et les sonorités plus underground et brutales de mon post-secondaire. Replacé dans ce contexte, j’imagine que la présence d’un album de Slipknot sur mon podium personnel s’explique mieux.

Il ne faut toutefois pas sous-estimer l’effort présenté ici par les neuf fous furieux de l’Iowa, état rural du Midwest américain qui a vu naître la formation et qui prête son nom à l’opus. Pour celui qui prend le temps de l’écouter avec un esprit ouvert et un certain niveau d’érudition musicale, ce disque est non seulement solide, mais carrément intrigant et capable de susciter l’admiration. Slipknot se sert du son concocté sur son album éponyme comme d’un tremplin pour explorer des terrains jusque là effleurés ou même jamais atteints. Le groupe pige un peu partout dans la grande bilbiothèque métal pour s’approprier des accents thrash, groove, industriel et doom. « Disasterpiece » est un morceau que n’aurait pas renié Pantera, « Gently » passe de l’ambiant au lourdissime sans nous avertir, tandis que la chanson-titre, qui clot l’album, dure plus de 15 minutes et a vraiment des allures de trame sonore d’un court métrage d’horreur.

Pièces recommandées:
Disasterpiece
The Heretic Anthem
New Abortion


2. Death – Individual Thought Patterns (1993)

Death

Dans les cercles métal, on parle souvent de cette série glorieuse de quatre albums lancés en succession par Death, au cours des années 90. Par contre, si « Human »(1991), « Symbolic »(1995) et « The Sound of Perseverance »(1998) récoltent d’innombrables mentions, il est un peu plus rare qu’on entende parler de l’album « Individual Thought Patterns », paru en 1993. Paradoxalement, il s’agit du disque sur lequel on retrouve ce qui est probablement le plus grand « succès commercial » du groupe, « The Philosopher », l’une des deux seules pièces du groupe à avoir fait l’objet d’un vidéoclip avec « Lack of Comprehension », qu’on retrouve sur « Human ».

Si on parle relativement peu d' »Individual Thought Patterns », c’est peut-être parce que cet album se retrouve en quelque sorte « coincé », dans une discographie déjà époustouflante, entre « Human » et « Symbolic », deux chefs-d’oeuvres incontestables du death metal technique. Cependant, c’est « Individual Thought Patterns » qui, au final, remporte ma palme personnelle.

Toujours dirigée de main de maître par le guitariste, chanteur et compositeur Chuck Schuldiner, la troupe sans cesse métamorphosée est cette fois-ci composée de Gene Hoglan (ex-Dark Angel) à la batterie, Steve DiGiorgio à la basse et Andy Larocque (Mercyful Fate) à la seconde guitare. Tout comme pour « Human », Schuldiner réussit donc à assembler autour de lui une véritable équipe de rêve pour ce nouvel album. Sur le plan musical, « Individual Thought Patterns » construit sur les bases de la petite révolution sonore qu’était « Human », continuant à explorer les limites du death métal technique et progressif, tout en empruntant des éléments au free jazz. Les textes de Schuldiner traitent avec nuance et lucidité de thématiques pourtant complexes, le plus souvent liées aux construits sociaux et à la pensée systémique. Steve DiGiorgio, armé de sa basse sans frette, enveloppe chaque morceau de ses lignes de basse extrêmement variées, savantes et dynamiques, alors que Gene Hoglan nous réserve une clinique de batterie technique à nulle autre pareille.

Pièces recommandées:
Trapped in a Corner
Nothing is Everything
Individual Thought Patterns

 

1. Slayer – Hell Awaits (1985)

Slayer-HellAwaits

Cet album ne gagnera décidément jamais le prix de la meilleure réalisation, il ne représente pas le sommet absolu dans la carrière Slayer et il est bien vrai que de nombreux métalleux qualifient le quatuor californien de formation étiolée, surévaluée et dépassée, surfant depuis trop longtemps sur une réputation acquise durant les années 80. « Hell Awaits » parvient tout de même à récolter la première place de mon palmarès personnel. Pourquoi ?

Premièrement, c’est l’album qui m’a fait tomber en amour une bonne fois pour toutes avec le métal plus « extrême », plus lourd, plus rapide, plus violent.
Deuxièmement, peu de disques peuvent rivaliser avec celui-ci pour ce qui est d’être lugubre, sinistre, déstabilisant et morbidement fascinant. De la première minute jusqu’à la dernière, « Hell Awaits » nous plonge dans une atmosphère suffocante d’une obscurité totalement inédite, si enveloppante qu’on peut presque la toucher et la sentir. C’est comme Si Slayer arrêtait de jouer la comédie, le temps d’un album, pour produire une oeuvre réellement sortie tout droit des profondeurs les plus abyssales de l’enfer. La chanson-titre, qui ouvre l’album, contient une des intros les plus étranges et déconcertantes de l’histoire du métal, ce qui ne l’empêche pas d’être également un brûlot thrash d’une intensité remarquable. « Kill Again » laisse déjà présager l’émergence du Cannibal Corpse en nous relatant, détails croustillants à l’appui, les aventures nocturnes d’un tueur en série. « Necrophiliac » a un titre qui parle de lui-même. Bref, « Hell Awaits » est à la fois un impressionnant condensé du meilleur de Slayer, un gros plan sur une époque charnière du métal extrême et un ouvrage prémonitoire, quant aux innovations qui allaient venir au cours des années suivantes.

Pièces recommandées:
Hell Awaits
Kill Again
Crypts of Eternity

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Evan J. Demers

Evan J. Demers

Né à Montréal en 1985 et titulaire d'un baccalauréat en Animation et Recherches Culturelles de l'Université du Québec à Montréal, je suis surtout un grand passionné de musique, de littérature, de politique et d'actualité.
  • Stu Pitt

    Je vais aussi faire un top 10 et le seul album qu’on va avoir en commun est Cause Of Death d’Obituary.

    • Evan J. Demers

      J’ai mis « Chopped in Half » en vidéo, mais j’aurais préféré mettre la chanson-titre, qui est vraiment mon morceau préféré, sur l’album. C’est juste qu’à l’exception de « Master of Puppets » et « Hell Awaits », qui sont vraiment les pièces maîtresses de leurs albums respectifs, j’ai essayé de choisir des chansons pas trop longues.

  • Evan J. Demers

    En tout cas Stu, j’ai vraiment hâte de voir ton top 10 !

    • JFC

      As tu hâte de voie le mien <3 :p

      • Evan J. Demers

        Bien sûr ! 🙂