Amy Chua, La convergence médiatique et la mondialisation culturelle

Résumé et analyse de la thèse d’Amy Chua
À partir de la fin de la Guerre froide, la pensée dominante de l’élite politico-économique américaine fut que l’implantation de la démocratie libérale et de l’économie de marché dans les pays en développement était la meilleure solution pour assurer une stabilité politique et une prospérité économique « Ce sont les pauvres qui ont voulu ravir les biens des riches, ou les riches qui ont essayé d’enchaîner les pauvres. Si donc vous pouvez fonder un état de société où chacun ait quelque chose à garder et peu à prendre, vous aurez beaucoup fait pour la paix du monde. » (1)  La thèse d’Amy Chua prend cette idée à contre-courant. Selon elle, les politiques de démocratisation occidentales ont parfois mené à des conflits ethniques résultant du cocktail du capitalisme de copinage concentrant les richesses nationales dans les mains d’une minorité en particulier depuis la mondialisation, la démocratie donnant un plus grand pouvoir politique au peuple et la haine ethnique. De nombreux pays pauvres seraient sous l’emprise de minorités économiques provenant d’un groupe ethnique minoritaire, tel que les Chinois aux Philippines représentant 1% de la population, mais détenant 60% du secteur privé, ce qui pousserait la majorité autochtone pauvre à s’en prendre à des civiles faisant partie de cette minorité. Il s’agirait des principaux ennemis de la démocratie. « Les minorités économiques dominantes sont le talon d’Achille de la démocratie de marché. Dans les sociétés qui abritent des minorités de ce genre, le capitalisme et la démocratie ne favorisent pas seulement des gens différents, des classes sociales différentes, mais des groupes ethniques différents. » (2) Le capitalisme et la démocratie ne se renforceraient pas entre eux : la majorité pauvre rejetterait l’économie de marché et la minorité riche ferait de même avec la démocratie. Ironiquement, l’espoir pour ces sociétés résiderait dans les minorités devant être reconnues pour le rôle qu’elles jouent dans les pays où elles évoluent « la corruption, les prêts discriminatoires, l’exploitation de la main-d’œuvre, qui renforcent les stéréotypes ethniques et ternissent l’image de la démocratie de marché. » (3)  La solution peut alors passer par des politiques de la communauté internationale pour améliorer l’accès à l’éducation des populations autochtones, la progressivité de l’impôt, la protection sociale ou l’assurance chômage. S’en tenir à ces mesures serait insuffisant, il faudrait que les minorités entreprennent de contribuer de manière significative à au développement économique de leur pays pour ainsi atténuer les tensions.
L’article d’Amy Chua a le mérite de briser le tabou des minorités ethniques détenant un pouvoir disproportionné « Ce n’est pas en dissimulant la réalité sous le voile de la bien-pensance qu’on résoudra les problèmes. » (4) Une fois que cela est dit, son article comporte bon nombre d’éléments fortement questionnables. Premièrement, il semble y avoir confusion sur les concepts « capitalisme de laisser-faire » et « démocratie ». Elle attribue le premier à des pays ayant peu de liberté économique telle que l’Indonésie, la Serbie et le Rwanda (5). « The poverty of the backward nations is due to the fact that their policies of expropriation, discriminatory taxation and foreign exchange control prevent the investment of foreign capital while their domestic policies preclude the accumulation of indigenous capital. » (6) Elle donne l’exemple du pétrole vénézuélien comme une richesse nationale détenu par une minorité ethnique, pourtant 60% de cette ressource appartient à l’État (PDSAV) (7). Sur le second concept, Me. Chua mentionne l’élection de Robert Mugabe, mais la réalité est bien différente d’une victoire électorale suite à des promesses d’expropriation « une campagne électorale marquée par des intimidations de toutes parts, l’intrusion des forces de sécurité et des fraudes » (8). Deuxièmement, Amy Chua semble sous-estimer les conflits de classe, le meilleur exemple est le Québec : la rébellion des patriotes suite à l’arrivé de la démocratie et la crise d’octobre advenant dans la période post-Duplessis pourraient être utilisées pour illustrer sa thèse avec la majorité pauvre francophone se rebellant contre la riche minorité anglophone, mais ce furent aussi des luttes de classe(9) . Bien que la majorité des génocides fût ethnique ou religieuse, il y eut des « génocides de classe » causée par des pressions occidentales et sa théorie est insuffisante pour les expliquer(10).

Réflexions sur la convergence médiatique

« Un journaliste qui travaille aujourd’hui est un chômeur ou bien c’est une pute. » (11) Telle est la formule d’Alain Soral s’exprimant sur la convergence médiatique française. Ce type de discours se retrouve de plus en plus sur l’internet. Ce ne sont plus seulement les grandes boites médiatiques qui sont visées, mais bien les journalistes. La tendance à la généralisation de ce milieu nous permet de faire un parallèle avec la thèse d’Amy Chua puisqu’elle nous explique que des crimes ethniques peuvent venir d’une rancœur contre une minorité ethnique économiquement dominante comme les Chinois aux Philippines étant victimes de crimes racistes. Injures et agressions contre les journalistes se multiplient dans des sociétés démocratiques (12) avec comme raison de s’en prendre à la « convergence médiatique ». Ce fut même explicitement dit par un manifestant après avoir entarté le magnat de presse Pierre-Karl Péladeau (13). Mais qu’est-ce donc que ce phénomène tant dénoncé?
La convergence médiatique se définit comme étant le stade suprême de la concentration des médias. Il s’agit de l’interaction des différents canaux médiatiques dont la diversification est corrompue par une stratégie économique visant à tirer un avantage financier de ce fonctionnement synergique par le conglomérat. En résulte une uniformisation de l’information et des sources comme le 24H et le Journal de Montréal présentant les mêmes nouvelles puisqu’appartenant à Quebecor inc. Tel qu’expliqué par un des fondateurs de « Presse-toi à gauche », Bernard Rioux : « le contexte québécois se caractérise par la monopolisation des plus puissants moyens d’expression dans les mains de deux principaux groupes : Gesca et Quebecor. L’informa¬tion produite par ces monopoles est essentiellement formatée pour défendre les intérêts de l’oligarchie régnante (…) la concentration de la presse et la logique d’une rentabilité maximum à tout prix entrent en contradiction directe avec la qualité de l’information (…) pour démanteler ce système de domination des médias : loi contre la concentration financière et industrielle des médias » (14)
Les attaques contre les médias énoncées plus haut peuvent s’expliquer par le conflit entre le capitalisme et la démocratie. L’économie de marché concentre le quatrième pouvoir dans les mains de peu de personnes qui se le transmettent et qui bénéficient du soutien du gouvernement. Cette thèse s’illustre avec le PDG de News Corp, Rupert Murdoch, ayant repris l’empire de son père Sir Keith Murdoch qui était propriétaire des deux plus importants quotidiens de Sydney The Sydney Morning Herald et Daily Telegraph en plus d’être un ami personnel du premier ministre Joseph Lyons(15). Ce même personnage fit d’ailleurs polémique en 2012 en dénonçant la concentration juive des médias(16). En même temps, la démocratie offre un plus grand pouvoir au peuple ce qui le mène à développer une aversion envers les médias de masse. Le rejet de la convergence médiatique se fait au nom de la démocratie (17) et le rejet de la démocratie se fait au nom du capitalisme « un corpus d’idées très instructif a été développé pour justifier la résistance de l’élite à la démocratie (…) l’art du gouvernement est fondé sur le contrôle de l’opinion publique (…) L’énorme industrie des relations publiques, depuis son apparition au début du XXe siècle, s’est consacrée au « contrôle de l’opinion publique », pour reprendre la description qu’en donnaient les dirigeants des milieux d’affaires. (18)
En conclusion, les mécanismes décrits par Amy Chua pour expliquer en partie les conflits ethniques peuvent aussi servir à réfléchir sur les raisons de la déchirure entre l’opinion publique et les médias. Au même titre que les minorités ethniques devant prendre conscience de leur rôle pour résoudre le problème, les médias de masse doivent se démocratiser en allant vers un modèle semi-participatif comme TVA, CNN ou le Huffington Post pour éviter de radicaliser la crise de la convergence médiatique.
Réflexions sur la mondialisation culturelle

Qu’est-ce que la mondialisation? Selon l’UNESCO il s’agit du « Processus d’intégration des marchés qui résulte de la libéralisation des échanges, de l’expansion de la concurrence et des retombées des technologies de l’information et de la communication à l’échelle planétaire. L’extension progressive à tous les pays du monde de libertés dont chacun, citoyen ou entreprise, ne jouissait autrefois qu’à l’intérieur de son propre pays, s’il était libre : liberté de se déplacer, d’investir, de produire, de travailler, de vendre, d’informer… » (19) Cependant, la définition offerte englobe la mondialisation et la globalisation qu’il ne faut pas confondre. La globalisation concerne l’aspect économique et financier des activités humaines alors que la mondialisation touche l’aspect politique et culturel. Selon l’ancien directeur du Monde diplomatique, Ignacio Ramonet, la mondialisation est en fait une américanisation de la planète suite au triomphe du capitalisme contre le communisme ayant fait des États-Unis la première puissance mondiale. « La nouvelle hiérarchie des États qui se dessine dans le monde se fonde moins sur la puissance militaire pour le contrôle des matières premières que sur l’aptitude à maîtriser les changements technologiques en cours, et à dominer la sphère financière. Les États-Unis étant la seule puissance à posséder l’ensemble de ces caractéristiques. » (20) Avec la disparition tranquille des frontières culturelles, l’échange interculturel va dans un seul sens, l’industrie américaine se répand, mais les autres cultures sont loin d’avoir le même effet sur l’Occident. Il n’y a pas de melting pot mondial. « Ce n’est donc pas le Jihad contre Mc World, mais le Jihad avec Mc World » (21) Pour terminer, la mondialisation n’est pas un phénomène récent : l’Empire romain fut un immense espace rassemblant à son plus fort 70 millions d’hommes unifiés par le droit, le mode de vie, l’usage du latin et du grec.
Qu’est-ce que la culture? C’est l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérise une société ou un groupe social. Elle englobe des systèmes de valeurs, de traditions et de croyances. Selon, Émile Henriot « La culture, c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié. » (22) Cette citation rappelle celle du psychiatre BF. Skinner: « Education is what survives when what has been learned has been forgotten. » La transmission de la culture passe donc par l’éducation que ce soit les parents ou les institutions scolaires.
Une des principales contradictions de la mondialisation contre la culture est que par la privatisation et la libéralisation trop rapide, de nombreux pays se sont appauvris et cela nuit considérablement à la culture puisque l’État ne dispose alors plus des moyens pour fournir les services essentiels comme l’éducation. Cette vitesse se répercute dans les sociétés où les individus sont de plus en plus compressés par la nécessité d’innover le plus rapidement possible ce qui rentre en contradiction avec le temps nécessaire à accorder pour des activités culturelles n’ayant pas le profit monétaire comme but tel que l’enseignement de la philosophie. « il faut penser la globalisation non sous l’angle d’une césure, mais sous celle d’un moment où les sociétés humaines renégocient leur rapport au temps et à l’espace parce qu’un certain nombre d’événements ont eu lieu, parce que de nouvelles légitimités sont apparues, parce que de nouveaux rapports de force se sont instaurés. » (23) La mondialisation n’est peut-être pas mauvaise en soi, mais elle est par contre mal gérée. À ce titre, le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz écrit « Quand la libéralisation du commerce – l’abaissement des droits de douane et l’élimination des autres mesures protectionnistes – est accomplie correctement et au bon rythme afin que de nouveaux emplois soient créés parallèlement à la destruction des emplois improductifs, il peut y avoir des gains d’efficacité importants. Le problème, c’est que beaucoup de ces politiques sont devenues des fins en soi, non des moyens au service d’une croissance juste et durable. Dans ces conditions, elles ont été poussées trop loin, trop vite, et sans être accompagnées d’autres mesures qui étaient nécessaires. » (24) Il s’agit bien de l’exportation du « capitalisme sauvage n’ayant plus court en Occident » dénoncé par Amy Chua.
Qui dit mondialisation dit américanisation, notre réflexion dans cette partie concernera le modèle américain. Politiquement, les américains ont toujours voulu se distinguer comme étant le peuple libre. Bien que très discutable dans les faits(25) , une véritable culture de la liberté individuelle habite ce pays et s’incarne dans sa constitution: « WE THE PEOPLE of the United States, in Order to form a more perfect Union, establish Justice, insure domestic Tranquility, provide for the common defence, promote the general Welfare, and secure the Blessings of Liberty to ourselves and our Posterity, do ordain and establish this Constitution for the United States of America. » (26) Les amendements à la constitution américaine sont uniques au monde puisqu’au lieu de statuer sur ce que l’État peut faire, ils marquent les limites de l’étendue de son pouvoir, par exemple le fameux ‘second amendment’ statuant que les citoyens ont le droit de posséder des armes ou le troisième disant qu’un soldat ne peut pas aller sur un terrain privé sans l’accord du propriétaire en temps de paix. Il s’agit d’une constitution basée sur le droit naturel et non le droit positif. Le droit naturel rassemble tout ce dont autrui n’a pas le droit d’empêcher comme le droit à la vie, le droit à la croyance religieuse, la liberté d’expression. Le droit positif rassemble tout ce dont l’individu a besoin pour s’émanciper et qui doit être garanti par la collectivité comme le droit à la santé ou à l’éducation. Cette philosophie politique va de pair avec l’économie américaine basée sur la libre entreprise. Le libéralisme étant un système basé sur l’accord individuel rend les gens plus égaux contrairement aux sociétés antilibérales où le rôle de l’individu est fixé dès sa naissance : « A chaque instant, le serviteur peut devenir maître et aspire à le devenir; le serviteur n’est donc pas un autre homme que le maître. Pourquoi donc le premier a-t-il le droit de commander et qu’est-ce qui force le second à obéir? L’accord momentané et libre de leurs deux volontés. Naturellement, ils ne se sont point inférieurs l’un à l’autre, ils ne le deviennent que momentanément que par l’effet du contrat. » (27) Ce mélange politico-économique démontre son efficacité par le fait qu’il est contesté de l’intérieur. Huey Newton, Bill Ayers, Noam Chomsky, Ron Paul, Howard Zinn et tant d’autres font partie des plus grands contestataires de la politique étrangère américaine tout en étant citoyens de ce pays. N’étant pas que confinées dans les marges, des figures comme George McGovern ou actuellement Bernie Sanders se rapprochent même du poste de président. Tel que disait le Président français François Mitterrand « Le pacifisme est à l’Ouest et les euromissiles sont à l’Est ». (28)
En ce qui concerne la culture, le modèle américain est le plus dynamique au monde : 103 641 bibliothèques avec 230 millions d’utilisateurs, 2.6 milliards de livres publiés par année(29) , environ 20 000 musées et 4000 universités dont les trois meilleures au monde(30) . Il semble aussi indépassable en production cinématographique. Hollywood produit environ 400 films (31) par année dont 20% se rentabilisent. Au niveau mondial, cela se traduit par 5% des réalisations et 50% des recettes. Les États-Unis exportent aussi davantage de programmes de télévision que tous les autres pays réunis et n’ont pas d’industrie du doublage ni de ministère de la culture. Cette position de force est ressentie dans l’opinion américaine puisque près de la moitié de la population se dit d’accord avec l’affirmation suivante : « Notre peuple n’est pas parfait, mais notre culture est supérieure aux autres cultures. » (32) Ce courant de suprématie américaine s’incarne dans le Projet for the New American Century (PNAC), ayant des membres tel que Dick Cheney, Donald Rumsfeld et l’éditorialiste du Washington Post Charles Krauthammer, dont principe fondamental est « le leadership américain est à la fois bon pour l’Amérique et bon pour le monde » (33).
Cet imaginaire de la société monde se divise entre l’approche « mcdonalisation » l’ « apocalyptique ». La « mcdonalisation » a été développé par le politologue Benjamin Barber dans son ouvrage Jihad vs. Mc World (1995) ayant comme thèse que cette société mène tranquillement à l’homogénéisation de la culture « As with the other elements of McWorld, movies and videos are ever more unitary in content as they become even more global in distribution. More and more people around the world watch films that are less and less varied. Nowhere is American monoculture more evident or more feared than in its movies and videos. Moreover, as distinctions between phones companies (…) communication corporations mix and merge, monoculture is enhanced, diversity yielding to uniformity and competition giving way to monopoly. » (34) Cette forme de totalitarisme économique nourrirait les replis identitaires et religieux, regroupés sous le mot Jihad, qui seraient tout autant des menaces envers la démocratie. Sur ce constat, il est sur la même ligne qu’Amy Chua affirmant que cette concentration du pouvoir économique dans les mains américaines pouvait expliquer les attentats du 11 septembre 2001 (35). Cependant, B. Barber soutient que la victoire face au terrorisme passe par l’implantation de la démocratie et la mondialisation culturelle « the modern response to terror cannot be exclusively military or tactical, but rather must entail a commitment to democracy and justice even when they are in tension with the commitment to cultural expansionnism and global markets. » (36) soit l’inverse de la thèse d’A. Chua nous prédisant des conflits ethniques dans pareilles situations. Il prône aussi une société plus tolérante à l’autre et même une certaine forme de multiculturalisme en Occident(37) . L’approche « apocalyptique » fut popularisée par un professeur d’Harvard, Samuel Huntington, avec le best-seller Le choc des civilisations parut en 1996. Pour Huntington, l’homogénéisation de la culture est un mythe. Depuis la fin de la guerre froide, le monde se compose en blocs civilisationnels aux valeurs incompatibles et ce découpage du monde est ce qui permet le mieux de comprendre les conflits contemporains. Il fait le même constat qu’A. Chua et B. Barber soit une montée des nationalismes et des fanatismes à travers la planète, mais rejette l’idée que la cause de ces phénomènes est la rancœur contre une minorité possédante. Il s’accorde par contre avec Amy Chua sur l’idée que la démocratisation et l’expansionnisme culturel américain ne sont pas la solution pour la stabilité mondiale. Il s’oppose aussi au multiculturalisme comme étant une menace pour l’Occident. « Pour éviter une guerre majeure entre civilisations, il est nécessaire que les États phares s’abstiennent d’intervenir dans des conflits survenant dans des civilisations autres que la leur. (…) Une Amérique multiculturelle est impossible parce qu’une Amérique non occidentale ne peut être américaine. Un monde multiculturel est inévitable parce qu’un empire mondial est impossible. » (38) Personnellement, je pense que les attentats du 11 septembre seraient quand même survenus même si les États-Unis n’avaient pas été une superpuissance puisque le projet politique des groupes djihadistes est le califat mondial et l’implantation de la charia. Cela rend sujet à des attaques tout pays ou groupe n’étant pas conforme à ce moule idéologique. Il ne s’agissait pas une rancœur contre une minorité possédante, mais plus l’intolérance contre un autre mode de vie. De plus, je suis d’avis que la seule façon de vaincre la menace terroriste passe par l’implantation de la démocratie puisqu’il s’agit du seul système qui « empêche les extrémistes de respirer » pour reprendre les mots de l’ancienne présidente du Pakistan, Benazir Bhutto. Je suis donc en accord avec Samuel Huntington pour l’explication des événements et en accord avec Benjamin Barber concernant la solution.
Pour terminer, nous réfléchirons sur l’acculturation. Ce concept se définit ainsi « Ensemble des phénomènes qui résultent d’un contact contenu et direct entre des groupes d’individus de cultures différentes et qui entraînent des changements dans les modèles culturels initiaux de l’un ou l’autre des deux groupes. » Y’a-t-il forcément une culture donneuse puis une receveuse? Est-ce toujours à sens unique même quand une des deux est dominante? Y’a-t-il des résistances et des emprunts dans les deux sens? Prenons par exemple l’immigration, les nouveaux arrivants finissent généralement par se fondre dans la majorité avec des processus d’assimilation. Cependant, la société majoritaire se transforme dans ses mœurs par exemple la musique traditionnelle peut être influencée par des courants extérieurs, la langue peut utiliser de nouveaux termes comme avec l’anglicisation « Par certains aspects, l’extension au monde des référentiels sociaux conduit à se comparer aux autres, à leur emprunter ‘ce qu’ils ont de mieux’ pour évoluer soi-même. » (39) Bien qu’il y ait des emprunts faisant l’affaire des deux parties, les résistances sont plutôt des chocs. Le refus d’assimilation de la part d’une certaine part de la communauté musulmane provoque une montée du conservatisme identitaire un peu partout en Occident. Les identités culturelles sont désormais liées à des espaces de normes structurelles et non des territoires rendant probablement le monde plus instable que jamais.

Notes et références :

1- De TOCQUEVILLE Alexis, De la Démocratie en Amérique (tome 2), 1981, Éditions GF-Flammarion, p. 312
2- CHUA Amy, Démocratie et capitalisme ne font pas partout bon ménage, Courrier international numéro 690, janvier 2004, p. 47
3-CHUA Amy, Démocratie et capitalisme ne font pas partout bon ménage, Courrier international numéro 690, janvier 2004, p. 49
4-FINKIELKRAUT Alain http://www.lepoint.fr/societe/finkielkraut-la-bien-pensance-ne-resoudra-pas-les-problemes-20-09-2012-1695142_23.php
5-http://www.heritage.org/index/ranking
6- VON MISES Ludwig, The anti-capitalistic mentality, 1972, Éditions Libertarian Press, p. 83
7- http://www.pdvsa.com/
8- http://www.dictateurs.com/robert_mugabe.php
9- https://flqgeneration.wordpress.com/2014/01/21/les-classes-sociales-au-quebec-et-linsurrection-de-1837-38-par-charles-gagnon/
10- Notamment au Cambodge où les bombardements américains au nom de la « démocratie » (anticommunisme) menèrent les Khmers rouges au pouvoir. Voir COURTOIS Stéphane, Le livre noir du communisme, 1997, Éditions Robert Laffont  p. 635
11- http://rutube.ru/video/e20a66246fb6a2751bf07deef205d49e/
12- Les exemples sont très nombreux, en voici du Québec et France : http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/faitsdivers/archives/2015/04/20150415-164736.html     http://www.corsematin.com/article/article/bastia-un-journaliste-de-france-3-corse-agresse.1902727.html
13- https://www.youtube.com/watch?v=tOBJHEiMvjU
14- https://www.ababord.org/Defis-actuels-pour-une-information
15- http://www.naa.gov.au/Images/Richardson_tcm16-35865.pdf
16-https://twitter.com/rupertmurdoch/status/269973016753102849
http://www.cnn.com/2012/11/19/opinion/kurtz-murdoch-tweets/
17- Pensons au manifeste de la CLASSE « Nous sommes le peuple » faisons l’apologie de la démocratie directe puis au fait que les porte-paroles masculins de cette organisation fondèrent Ricochet, un média alternatif voulant lutter contre la concentration médiatique. http://www.bloquonslahausse.com/laclasse/manifeste/ http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/05/22/ricochet-media-sociofinancement_n_5372667.html
18- CHOMSKY Noam, Le profit avant l’homme, 2003, Éditions Fayard, p. 85-88
19-  http://www.unesco.org/new/fr/social-and-human-sciences/themes/international-migration/glossary/globalisation/
20-  RAMONET Ignacio, Abécédaire partiel et partial de la mondialisation, 2003, Éditions Plon, p. 10
21-  LAÏDI Zaki, La mondialisation ou la radicalisation de l’incertitude, p. 295
22- Cité dans le PowerPoint
23-  LAÏDI Zaki, La mondialisation ou la radicalisation de l’incertitude, p. 297
24-  STIGLITZ Joseph, La grande désillusion, 2002, Édition Fayard, p. 85-86
25- Les répressions des mouvements autochtones, abolitionnistes, ouvriers, féministes ont été d’une grande violence aux États-Unis telle que l’a démontré Howard Zinn dans Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours, Éditions Agone, 2002. De plus, les États-Unis actuels sont le pays ayant de très loin le plus grand nombre de prisonniers.
http://news.bbc.co.uk/2/shared/spl/hi/uk/06/prisons/html/nn2page1.stm
26-  http://www.gpo.gov/fdsys/pkg/CDOC-110hdoc50/pdf/CDOC-110hdoc50.pdf
27- De TOCQUEVILLE Alexis, De la Démocratie en Amérique (tome 2), 1981, Éditions GF-Flammarion, p. 225-226
28- 13 octobre 1983 http://www.ina.fr/video/I09082528
29- https://www.oclc.org/fr-CA/global-library-statistics.html
30- http://www.creativitequebec.ca/Bulletin_Creativite_Quebec/Site_CQ_Bulletins_2012/Bulletins_articles/Lien_106/Les_20_plus_grandes_universites_du_monde.htm
31- TRUMPBOUR John, Selling Hollywood to the World, 2002, Cambridge University Press, p. 9
32- http://www.ndf.fr/nouvelles-deurope/22-11-2011/ce-qui-distingue-les-etats-unis-de-la-vieille-europe-le-sentiment-de-superiorite-culturelle
33- RIVERS PITT William http://www.informationclearinghouse.info/article1665.htm
34- BARBER Benjamin, Jihad vs. McWorld, 1995, Éditions Ballantine Books, p. 146
35- Suite aux attentats du 11 septembre, le livre de Benjamin Barber fut vu comme prémonitoire. http://www.scienceshumaines.com/djihad-versus-mcworld_fr_13111.html
36- BARBER Benjamin, Jihad vs. McWorld, 1995, Éditions Ballantine Books, p. 4
37- http://www.scottlondon.com/interviews/barber.html
38- HUNTINGTON Samuel, Le choc des civilisations, 1997, Éditions Odile Jacob, p. 351-353
39-  LAÏDI Zaki, La mondialisation ou la radicalisation de l’incertitude, p. 298
Bibliographie

BARBER Benjamin, Jihad vs. McWorld, 1995, Éditions Ballantine Books
CHOMSKY Noam, Le profit avant l’homme, 2003, Éditions Fayard
COURTOIS Stéphane, Le livre noir du communisme, 1997, Éditions Robert Laffont
HUNTINGTON Samuel, Le choc des civilisations, 1997, Éditions Odile Jacob
RAMONET Ignacio, Abécédaire partiel et partial de la mondialisation, 2003, Éditions Plon,
STIGLITZ Joseph, La grande désillusion, 2002, Édition Fayard
TOCQUEVILLE Alexis, De la Démocratie en Amérique (tome 2), 1981, Éditions GF-Flammarion
TRUMPBOUR John, Selling Hollywood to the World, 2002, Cambridge University Press
VON MISES Ludwig, The anti-capitalistic mentality, 1972, Éditions Libertarian Press