Régionales françaises: le FN vaincu ?

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Dans les prochains jours, ils pavoiseront. Ils péroreront sans arrêt, convaincus de leur invincibilité, de leur supériorité et de leur suprématie. D’ailleurs, pourquoi ne célébreraient-ils pas, les antinationalistes, ces pourfendeurs de la patrie, ces défenseurs d’un modèle multiculturel censé créer un homme nouveau, métissé, affranchi de ces vieilles idées que sont la tradition, les coutumes et les valeurs ? Ils ont gagné ! Oui, encore une fois, ils ont gagné.

En effet, ce dimanche, au second tour des élections régionales françaises, le Front National n’a recueilli la présidence d’aucune des 13 régions de France métropolitaine. Les Républicains (ex-UMP), menés par le Sarkozy nouveau, et le Parti Socialiste, pourtant conspué et en déroute, se sont encore une fois partagé la victoire. Le statu quo l’a emporté, encore une fois.

Finies, les inquiétudes ! Le monstre nationaliste, qui avait triomphé au premier tour, a été vaincu ! Il aura certes fallu de nombreux sacrifices et quelques compromissions pour y arriver, mais l’essentiel est que les « bons » l’aient emporté sur les « méchants », n’est-ce pas ? Après avoir tremblé, la France peut maintenant se réjouir: elle est encore libre de ce « néofascisme » qui pointait le bout du nez, au lendemain du scrutin du 6 décembre. Qu’importe si l’économie va mal, si la jeunesse ne trouve pas de travail, si les tensions entre communautés sont de plus en plus vives, si l’insécurité ronge villes et banlieues: l’important est que nous ayons encore une fois triomphé de la « bête immonde ». Allez, peuple français: réjouis-toi ! Hé…hé… on a dit RÉJOUIS-TOI !!

Cependant, comme le diable est davantage dans les détails qu’il n’est au FN, il n’est pas certain que cette victoire soit si totale qu’on veuille nous le faire croire. Après tout, entre deux élections régionales, le parti de Marine Le Pen est passé de 9% à 30%, dans le vote populaire. Le Front National a vu son nombre de conseillers régionaux élus tripler, ce qui en fait maintenant le deuxième parti en importance dans de nombreuses régions. On sent le vote FN passer de la protestation à l’adhésion, ce que redoute sans l’admettre la caste qui se maintient au pouvoir depuis des décennies. Le FN est-il vraiment vaincu ou ne s’agirait-il que du dernier soubresaut d’une clique forcée à l’innovation stratégique, faute de pouvoir innover à l’Élysée ou à l’Assemblée nationale ?

Il aura fallu qu’ils se mettent presque à dix contre un pour battre le FN. Non seulement Les (soi-disant) Républicains, mais aussi l’UDI et le MoDem. Non seulement le PS, mais aussi le PRG, les communistes et les verts. Pour le camp des antinationalistes, il s’agit véritablement d’une victoire sans gloire, acquise à grands coups de désistements, d’alliances contre-nature et de matraquage médiatique permanent. On aura accusé Stéphane Ravier, maire FN du 7ème arrondissement de Marseille, de défendre le viol, en sortant grossièrement ses propos de leur contexte. Manuel Valls aura même évoqué le spectre d’une possible guerre civile, durant l’entre-deux tours. Tous les coups étaient permis, aucune prostitution n’aura été écartée afin de venir à bout de l’horrible possibilité qu’un jour, autre chose qu’une alternance factice soit possible.

 

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Evan J. Demers

Evan J. Demers

Né à Montréal en 1985 et titulaire d'un baccalauréat en Animation et Recherches Culturelles de l'Université du Québec à Montréal, je suis surtout un grand passionné de musique, de littérature, de politique et d'actualité.