Les agressions de Cologne et la réponse féministe

Tout le monde a entendu parler des agressions de Cologne.

Les événements de la désormais tristement célèbre soirée ont fait le tour du monde, ne laissant personne indifférent. Au dernier décompte, plus de 516 plaintes ont été déposées, dont 40% pour agressions sexuelles, et au moins un viol collectif a officiellement été répertorié. Plusieurs dizaines d’hommes, pour la plupart d’origines maghrébine, nord-africaine et syrienne, se seraient réunis la veille du Jour de l’An dans le but avoué de voler, harceler, terroriser et ultimement agresser sexuellement des centaines de femmes.

"L’instrumentalisation du #féminisme par la droite. Ça me rappelle des débats au #Québec. #Köln #polqc "

Alexa Conradi

Presque tout a été dit sur le sujet. Dans les jours qui ont suivi la tragédie, de nombreuses voix se sont élevées, se demandant toutes pourquoi nos féministes occidentales tardaient tant à réagir. La première intervention féminine, à défaut d’être nécessairement féministe, avait été désastreuse. En effet, la mairesse de Cologne, personne censée avoir à coeur la sécurité et le bien-être de tous les citoyens de sa ville et plus particulièrement, dans de telles circonstances, de ses femmes, avait effectué une sortie remarquée pour toutes les mauvaises raisons, évoquant notamment la nécessité pour les femmes de sa municipalité d’adapter leurs comportements à leur nouvelle réalité avec les migrants, afin d’éviter de potentielles agressions. Parions que si les agresseurs avaient été Blancs, certaines penseuses bien en vue auraient crié à la culture du viol et au « victim blaming ». Mais rien de tel n’arriva, silence radio.

Cologne

Puis sont ensuite venus les memes de la gauche, en riposte virtuelle à toute l’indignation suscitée par les agressions. On y accusait les gens de droite et d' »extrême-droite » de se soucier uniquement des femmes lorsqu’il y a du « migrant à casser ». Je suppose qu’il s’agissait d’une façon humoristique de détourner enfin le regard ou de compenser par des blagues l’absence de réponse concrète de la part de ceux qui s’enorgueillissent sans cesse d’avoir à coeur la dignité des femmes devant la cruauté des agresseurs. Encore une fois, il aurait probablement fallu que ces derniers aient le teint clair pour que la dénonciation provienne tant de la gauche que de la droite, tant des féministes que de ceux et celles rejetant cette étiquette pour une raison ou une autre. Mais là encore, nous attendons toujours.

Au fond, le problème, ce n’est pas réellement que les féministes se taisent au sujet des assauts de Cologne, mais qu’elles ne les dénoncent pas de manière assez xénophobe au goût de certains. 😬

Judith Lussier

Facebook

Le désespoir n’est cependant pas de mise, chers amis, puisque les derniers jours ont vu naître la première véritable salve féministe dans toute cette affaire ! Cette fois, nous avons l’embarras du choix entre une Alexa Conradi qui associe toute dénonciation des actes de violence à une « instrumentalisation par la droite », une Judith Lussier qui demeure persuadée que ce n’est pas le silence des féministes qui choque, mais bien leur absence de xénophobie, ou encore une Martine Delvaux qui déplore cette fâcheuse tendance qu’ont les gens à vouloir dire aux féministes comment, quand et où être féministes.

Après tout, ce n’est pas comme si les féministes disaient constamment parler au nom de toutes les femmes, partout et en tout temps ! De quel droit exigerions qu’elles s’expriment, alors que des centaines de femmes se plaignent d’avoir été agressées ? Ce n’est tout de même pas comme si Jean-François Mercier venait de faire un gag sur les femmes qui vont peu vêtues dans les clubs ! Les féministes ont bien le droit de choisir où et quand intervenir, il est parfaitement légitime qu’elles établissent des priorités dans leur action militante et leurs prises de parole !

Cologne

J’aimerais cependant ajouter un petit bémol et à ce petit concert de doléances, ne serait-ce que pour un instant. Les gens qui suivent l’émission Gauchedroitistan m’ont déjà entendu émettre ces propos, mais je crois qu’ils valent la peine d’être réitérés par écrit. Mesdames les féministes, il est vrai que je ne fais pas partie des vôtres. Il est également vrai que je passe le plus clair de mon temps à vous adresser des reproches, lorsqu’il m’arrive de discuter de votre idéologie. Mais soyons clairs, vu la gravité de l’affaire: je ne vous ai jamais demandé de condamner la vague d’agressions survenue à Cologne en tant que féministes et je n’ai vu personne vous faire pareille demande. Par contre, serait-il possible pour vous de condamner cette vague d’agressions en tant qu’ÊTRES HUMAINS ? Ou dois-je déduire, à partir de vos réactions, qu’une idéologie peut bel et bien avaler un être humain au grand complet, lui faisant même oublier la base de ce qu’est une réaction humaine à une tragédie humaine ? À vous d’y voir….

agression cologne

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Evan J. Demers

Evan J. Demers

Né à Montréal en 1985 et titulaire d'un baccalauréat en Animation et Recherches Culturelles de l'Université du Québec à Montréal, je suis surtout un grand passionné de musique, de littérature, de politique et d'actualité.